— C'est parti
— Bonjour à tous, bienvenue dans La Voix Est Libre, l'émission de l'association Picasoft. Donc je suis Quentin, aujourd'hui on est avec Rémy et Stéphane de Picasoft. Et on a le plaisir de recevoir Fabien Cazenave
qui a notamment participé au développement du navigateur web libre Firefox et ça tombe bien puisque c'est le thème du jour.
Bonjour fabien.
— Bonjour, bonjour à tous les libristes
— Bonjour à toi
— Eh bien, écoute, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de de ton parcours de ce qui t'a amené vers ce navigateur web ? Et puis après on on discutera un petit peu de ce que c'est justement.
— Oui, mais en fait c'était la fin des années quatre-vingt-dix début deux mille c'était une époque où on avait qu'un seul navigateur qui était plus ou moins le
standard de fait puisque quasiment le seul qui avait, enfin il avait quasiment toutes les part de marché, c'était IE6.
Et moi, je n'avais rien à voir avec le monde du web à l'époque, mais dans mon activité de développeurs indépendants, il fallait que je fournisse de documentation technique
je le faisais dans le seul format qui me semble être pérenne c'est-à-dire HTML et pour ça j'avais besoin d'éditeur HTML libre de
navigateur HTML libre pour pouvoir les déployer sur n'importe quelle plateforme et donc je me suis intéressé à, à l'époque ça s'appelait encore
la suite Mozilla puis Firefox après la cession de Netscape et c'est comme ça je suis rentré un petit peu dans le milieu du logiciel libre
un peu par accident finalement.
— Merci Fabien de cette première petite intro je me je me permets de relancer un petit peu puisque tu as
lancé des des trucs mais qui sont les limites d'une autre époque.
Donc Internet Explorer, Netscape, les années 90, juste tu nous redonnes
un ou deux éléments de contexte sur cette époque, tu nous en a déjà dit deux mots
— Ouais.
C'était une époque où on avait un système ultra dominant, c'était Microsoft Windows avec son navigateur Internet Explorer 6 à l'époque,
et où, en fait, on avait besoin d'un navigateur un peu plus performant qu'il fallait pouvoir faire tourner sur d'autres systèmes,
eh bien, on avait guère le choix il fallait passer par un navigateur libre qui était encore balbutiant à l'époque,
à savoir Mozilla qui est devenu Firefox.
Et c'est comme ça que toute une communauté en France, en Europe, dans le monde
qui s'est monté pour développer promouvoir diffuser ce navigateur.
— Et Mozilla, tu me tu me dis si je me trompe, mais donc c'est hérité d'un autre truc qui s'appelait Netscape,
et il me semble que c'est né, enfin la transition entre Netscape et Mozilla est née, quelque part en France
avec des gens comme Tristan Nitot, Daniel Glazman.
Et toi ?
— En fait, Netscape, oui, développait son navigateur
Netscape a été racheté par AOL qui l'a finalement revendu, et donc en fait il y a eu un jour au lendemain tous les ingénieurs Netscape qui se sont retrouvé au chômage en fait,
enfin, quasiment tous.
et une partie d'entre eux se sont dit « bon c'est pas grave on a un navigateur qui est tellement bien qu'on va continuer de développer
en code source ouvert, en logiciels libres, et puis on verra après comment on arrive à se payer ».
Donc Daniel Glazman et l'ami Tristan Nitot étaient des employés de Netscape à l'époque qui ont,
Trisant avait continué du coup à travailler là-dessus,
et à fonder Mozilla Europe qui était à l'époque une association à but non lucratif
qui n'avait pas de lien juridique avec Netscape ou même ce qui est devenu Mozilla après.
C'était pour fédérer les passionnés qui voulait contribuer du code ou de l'énergie de manière générale à ce développement là.
Donc moi je faisais partie en fait de la communauté, j'étais un des plus volubile on va dire sur la communauté francophone de l'époque,
j'étais un petit peu à cheval entre les deux je faisais un peu de développement un peu de support aux utilisateurs,
et on animait beaucoup d'ateliers pour le développement d'extensions pour ce genre de choses-là.
C'est comme ça que tout est parti un peu en France.
— Ok. Donc effectivement ça c'était début...
voilà comme tu l'as dit fin des années 90 début des années 2000,
et puis l'étincelle est partie de là, et puis je crois que ça a bien fonctionné,
puisque autour de 2010 Firefox est passé de 0 à
pas loin je crois d'un d'un bon tiers de parts de marché, était même
pas très loin de de rejoindre d'Internet Explorer à un moment.
— On a même été devant Internet Explorer en France et en Allemagne pendant plusieurs années.
— D'accord. Ouais, pas au niveau mondial mais localement en France, ça avait dépassé la barre des 50% c'est ça ?
— Et puis dans d'autres pays d'Europe. Oui, oui, tout à fait
— Voilà. Donc c'est c'est quand même une aventure assez impressionnante.
Mais, mais, mais, ensuite sont arrivés Google et les smartphones,
aujourd'hui on est, pareil dans les grandes lignes, c'est Chrome qui a pris
à peu près deux tiers de parts de marché, Firefox est passé sous la barre des 10%.
Et qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que selon toi on est revenu dans une situation
un peu de quasi hégémonie comme celle qu'on a connu ? Est-ce que ça pose les mêmes problèmes ?
Est-ce que tu un avis un petit peu autour de de tout ça ?
— Eh bien, on est revenu dans une situation hégémonique, oui. Mais je suis tenté de dire qu'elle est pire qu'avant
parce qu'avant on avait une situation hégémonique techniquement très en retard sur l'alternative libre.
Internet Explorer 6 à l'époque était une catastrophe, il n'y avait pas d'onglet,
ça ne tournait que sous windows, les performances étaient pourries,
le respect des standards du web était complètement à la traîne, il n'y avait pas de développement fait par Microsoft activement dessus.
Et puis surtout l'usage d'internet à l'époque ça n'était que, entre guillemets, un accès de l'information,
alors qu'aujourd'hui internet c'est une plateforme, c'est la plateforme d'exécution de toutes nos applications presque,
c'est l'endroit où on stocke toutes nos informations privées ou presque malheureusement
et donc aujourd'hui la domination de chrome non seulement les difficiles à bousculer parce que
ils ont objectivement un très bon navigateur qui en plus fonctionne
sur Windows, Mac, Linux, beaucoup de plateformes,
mais en plus les enjeux sont bien, bien, bien plus critiques que ceux qu'on avait au début des années 2000.
Et avoir une société privée qui contrôle
tous ces canaux de distribution là
et dont le modèle économiques contrairement à Microsoft ce n'est pas de vendre du logiciel,
souvent par l'artifice de la vente liée,
mais bien de vendre nos données privées pour les monétiser sous la forme de revenus publicitaires,
ça pose des problèmes qui ne sont pas justes techniques, ça pose des problèmes
sociétaux voire politiques.
La situation est beaucoup plus difficile à mon sens.
— Ouais, ouais.
Effectivement, on est passé de premiers enjeux qui étaient essentiellement techniques, à des enjeux sociétaux on reviendra là dessus
en fin d'émission avec notamment Rémy mais tu pourras
venir compléter tout ça quand on reparlera un peu
de la question de Chrome, Chromium, etc.
Pour pareil anticiper peut-être un petit peu les choses dont on reparlera tu utilises j'imagine quelques extensions Firefox, tu en as
1 ou 2 favorites ou que tu as envie de mettre en avant ?
— Il y a Ublock Origin, je pense que tout le monde connait. Ça ce n'est pas juste Firefox, c'est une extension qui est juste indispensable aujourd'hui pour naviguer sur internet.
donc à installer si ce n'est pas déjà fait
mais bon après dans le civil je suis développeur web
donc j'aime bien bricoler des pages web et surtout j'aime bien
personnaliser l'apparence des applications en fonction de mes besoins à moi
donc j'utilises beaucoup Stylish c'est une extension qui permet de rajouter des feuilles de style par-dessus
l'application web existante et comme ça je peux personnaliser rapidement plein d'applications.
Après j'ai un plaisir un peu coupable, c'est que j'utilise beaucoup, beaucoup d'onglets, beaucoup trop,
et donc j'utilise régulièrement, je bricole des extensions pour manipuler ma collection d'onglets.
— Ok bah merci pour ces... Stylish, S-T-Y-L-I-S-H ? C'est ça ?
— Stylish ouais, S-T-Y-L-I-S-H, exactement.
— Ok.
Merci à toi, il y a Rémy qui m'a soufflé une autre question, que que j'aurais dû te poser avant en fait, elle enchaînait mieux mais voilà je poserais après.
Ce que tu as dit sur Mozilla, quand même globalement un positionnement défense de la vie privée qui est
assez visible bien positionné sur le..., enfin au niveau des média, au niveau de la communication sur le web,
et pour autant, donc qui est une alternative de fait à Google Chrome encore une fois on y reviendra,
et pour autant le moteur de recherche par défaut quand on installe Firefox
sur la majorité des plateformes c'est Google Search.
Alors je crois que c'est historique mais est-ce que tu veux commenter aussi cette petite contradiction ?
— En fait, ça date à une époque où Google ne faisait pas son propre navigateur et préférait financer Firefox pour avoir un navigateur libre, ouvert, pour faire fonctionner ses applications.
À ma connaissance aujourd'hui, c'est Qwant qui est par défaut en France. Je dis peut-être une ânerie.
— Je crois que ça dépend des plateformes.
— Mais j'utilise DuckDuckGo. Il y a des moteurs de recherche qui sont beaucoup plus respectueux de la vie privée.
Bon, il y a beaucoup DuckDuckGo. Qwant est très bien aussi.
D'une manière générale, ce n'est pas juste une question du navigateur.
Ce n'est quasiment plus d'ailleurs une question du navigateur.
C'est beaucoup une question de nos usages.
On a des usages qui sont centralisés, et le vrai danger, il est là.
C'est qu'une seule société à but lucratif peut avoir sur nous beaucoup plus d'informations qu'on voudrait lui laisser.
Et c'est à nous, utilisateurs, chacun dans notre coin, d'arriver à
utiliser des solutions alternatives moins centralisées, plus respectueuses.
Et ça, ma foi, c'est toujours un peu le même combat entre ce qui est bénéfique pour tout le monde et ce qui est confortable à utiliser là, tout de suite.
— Là, effectivement, tu reviens au cœur des préoccupations de Picasoft.
C'est des choses dont on a parlé dans l'émission précédente, notamment avec Frédéric Urbain de Framasoft,
et sur lesquelles on aura largement l'occasion de revenir.
Eh bien, merci beaucoup, Fabien, pour ces quelques échanges.
Et puis, je crois que tu restes avec nous.
Donc, n'hésite pas à intervenir sur la suite.
Donc, on enchaîne avec Quentin, qui va passer un peu sur le grill pour nous expliquer,
eh bien, finalement, c'est quoi un navigateur web ?
On voit à peu près tous à quoi ça sert.
Ça sert à aller sur le web.
Ça, je pense qu'on est quand même,
voilà, pour l'ensemble, on voit à quoi ça sert, mais on ne voit pas forcément bien comment ça fonctionne.
Alors, un navigateur web, pour simplifier, mais on peut poser que c'est un client HTTP et un moteur de rendu HTML.
Et donc, on va approfondir un petit peu ça.
Alors, commençons par la première partie.
Un navigateur, Quentin, c'est un client HTTP.
On a expliqué un petit peu ce qu'était un serveur la semaine dernière.
Il y a un rapport entre les clients et les serveurs en informatique, mais également un peu comme au café.
C'est-à-dire qu'ils vont communiquer pour s'échanger des choses.
Est-ce que tu peux nous rappeler cette histoire et nous expliquer un peu comment fonctionne HTTP ?
— Alors, effectivement, on va rentrer un petit peu plus dans le vif du sujet,
alors, pas d'inquiétude, pas trop de technique, mais c'est important de comprendre un petit peu les insights,
on va dire, du navigateur et de la communication web sur Internet, donc.
Donc, pour rappel, un client, c'est tout simplement une machine,
ça peut être un smartphone, ça peut être un ordinateur personnel.
Et un serveur est également une machine, un ordinateur, mais qui rend service,
eh bien, justement, au client, d'où l'analogie avec le café.
Donc ça, on en avait parlé de manière très générale sur l'architecture client-serveur.
Mais dans le cadre des navigateurs web, eh bien, le navigateur, comme l'a dit Stéphane, est un client HTTP.
Alors, qu'est-ce que c'est HTTP ?
C'est ce qu'on appelle un protocole, en d'autres termes, un langage, une norme informatique
qui permet à un client, en l'occurrence le navigateur web, de demander à des serveurs web
de lui envoyer des fichiers, et ce sont ces fichiers qui constituent les pages web.
Donc, ça peut être tout simplement des fichiers de texte, des fichiers qui permettent de styliser la page,
des images, des vidéos, ce genre de choses.
Et donc, quand on tape une URL dans un navigateur, donc une URL, ça peut être, par exemple, à tout hasard,
picasoft.net, eh bien, en fait, on lui ordonne de demander des fichiers à un serveur.
Donc, comme je le disais, si on tape picasoft.net, eh bien, on demande à notre navigateur web
de récupérer des fichiers sur un serveur qui s'appelle picasoft.net.
Celui-ci va nous donner une page qui s'appelle, par exemple, index.html, et donc, vous aurez
l'affichage dans votre navigateur.
Mais, qu'est-ce que c'est, finalement, que ce...
Ah, j'anticipe.
Je crois que j'anticipe, Stéphane.
— En effet, donc, tu viens...
Là, tu as failli me voler ma question, donc, heureusement, on l'a sauvé de peu.
Donc, effectivement, le navigateur demande des contenus au serveur.
Le client HTTP demande des contenus au serveur HTTP, au serveur web.
Le serveur lui renvoie ces contenus.
Donc, tu l'as dit, ça peut être différents types de fichiers, mais c'est souvent des fichiers HTML.
Donc, par exemple, si on interroge picassof.net/index.html, eh bien, on va récupérer
un fichier qui s'appelle index.html.
Mais, en fait, ce qu'on va voir, c'est que le navigateur, eh bien, c'est aussi son boulot,
c'est aussi d'afficher du HTML de telle façon que nous autres êtres humains, on arrive
à le lire correctement.
Alors, est-ce que tu peux nous expliquer vite fait comment fonctionne HTML ?
— Oui, tout à fait.
Effectivement, on a dit qu'un navigateur web était un client HTTP, mais aussi un moteur
de rendu HTML.
HTML, c'est un langage informatique de description, on peut le dire.
Et, en fait, ce langage HTML sert simplement à décrire la structure de la page.
Donc, typiquement, je vais dire, voilà, à cet endroit-là, je vais avoir un titre, et
son contenu, c'est celui-là.
À cet endroit-là, je vais avoir un paragraphe qui va raconter plein de super choses sur
le logiciel libre.
Et donc, le rôle du navigateur web, c'est de formater tout ça, de l'agencer et de
passer d'un code HTML purement descriptif à l'affichage que vous aurez, eh bien, sur
la fenêtre de votre navigateur web.
— OK.
On ne va pas rentrer dans les détails des différentes technologies.
Il y a des technologies comme CSS, par exemple, qui servent également à la mise en forme,
qui viennent en complément de ce que tu viens de décrire.
En revanche, je voulais peut-être qu'on aborde un tout petit peu JavaScript, puisque
ça fait partie des choses dont on entend souvent parler.
Et on aura certainement l'occasion également d'y revenir.
Ça fait partie des questions aujourd'hui, enfin, des endroits qui questionnent un peu
plus, notamment la vie privée ou les différents usages qu'on peut avoir.
Tu nous dis un ou deux mots sur JavaScript ?
Alors, en effet, comme je l'ai dit, HTML est un langage purement descriptif, mais qui
dit descriptif, dit aussi statique.
C'est-à-dire que la page est en quelque sorte figée.
Et aujourd'hui, vous le voyez sur les sites web modernes, eh bien, il y a plein d'éléments
qui bougent.
Vous cliquez, ça réagit directement.
Et tout ça est possible grâce à un langage qui permet d'ajouter du dynamisme qu'on appelle JavaScript.
D'ailleurs, aujourd'hui, JavaScript est tout à fait omniprésent et c'est un sujet assez
préoccupant dans la mesure où les pages deviennent de plus en plus grosses et exécutent
énormément de programmes.
Et d'ailleurs, je crois que, Stéphane, de ton temps, JavaScript, ça n'existait sûrement pas.
— Non, de mon temps, si, l'informatique existait...
C'est ça, Fabien, l'informatique existait déjà, mais vraiment, c'était embryonnaire.
On programmait avec des cartes perforées et tout ça.
Non, non, pas tout à fait.
On n'est pas aussi vieux.
Mais cela dit, je ne sais pas si tu veux commenter ça, Fabien.
— Oui.
En fait, c'était un grand, grand débat à l'époque où, effectivement, il y avait
notamment IE6 qui était très, très pauvre en capacité CSS, donc on était obligés
de faire du JavaScript pour des choses toutes simples, genre animer des menus déroulants.
C'était, à l'époque, le summum du site haut de gamme, c'était un truc avec des menus déroulants.
Ça faisait rêver tout le monde dans les années 90 ou 2000.
Et alors que ça, en fait, on sait le faire de façon purement déclarative, donc légère
à télécharger, légère à interpréter pour le navigateur, et donc, voilà, on savait
faire des menus rapides à s'ouvrir sous Firefox et chiants sous IE.
Et ça, ça ajoutait encore autre chose, c'est qu'on avait, en gros, 10-15% des utilisateurs
qui n'activaient pas JavaScript, soit parce qu'il y avait des politiques de sécurité
dans les entreprises qui disaient, ben, JavaScript n'est pas suffisamment éprouvé pour qu'on
puisse laisser du contenu s'exécuter à la volée, soit parce que, tout simplement,
ça ralentissait beaucoup trop IE6, et donc, des utilisateurs choisissaient de le désactiver.
Et puis, enfin, il y avait un problème d'accessibilité.
La plupart des technologies qui permettaient aux malvoyants ou aux utilisateurs qui étaient
atteints d'autres handicaps d'interagir avec leur page web ne fonctionnaient pas avec JavaScript, tout simplement.
Donc, on était, à l'époque, obligés, enfin, obligés, c'était fortement recommandé,
si on voulait un site bien indexé, d'avoir un site qui fonctionnait sans JavaScript.
Et enfin, les moteurs de recherche comme Google inspectaient les pages web sans interpréter JavaScript.
Donc, si le contenu était généré par JavaScript, comme c'est le cas aujourd'hui pour la plupart
des applications web, eh ben, votre site n'existait tout simplement pas sur les moteurs de recherche.
Donc, il n'existait pas du tout.
— C'est ça.
Donc, là, on a un peu le...
Enfin, voilà, tu es revenu un petit peu sur l'origine.
Je pense que ça vaudrait...
Enfin, on se réservera peut-être un jour une émission pour parler plus généralement,
il y a des mouvements aujourd'hui de low-tech qui préconisent, effectivement, de revenir
à des structurations plus simples, d'imaginer que ce qu'on a gagné à un moment, entre guillemets,
de facilité d'usage, eh ben, finalement, c'est des choses plus compliquées à contrôler, moins performantes.
Qui peuvent même, éventuellement, poser des questions de consommation énergétique.
Mais, effectivement, ça nous emmènerait probablement un petit peu plus loin.
Donc, on se garde ça et peut-être on te réinvitera avec plaisir, Fabien, à ce moment-là.
Il y a un dernier point que je voulais aborder avant qu'on repasse un peu sur la discussion,
notamment Firefox versus Chrome, puisque c'était quand même un petit peu notre objectif aujourd'hui.
C'était parler du W3C.
En effet, ce qu'on vient de voir, là, qu'on a des langages, HTTP, HTML, JavaScript, CSS,
et en fait, tous les navigateurs parlent les mêmes langages.
Et on peut se demander comment est-ce qu'ils font pour se mettre d'accord, ces navigateurs.
Ce n'est pas forcément tous des copains.
On a vu qu'il y avait Microsoft, Google, la Fondation Mozilla, etc.
Ce n'est pas forcément des gens qui ont les mêmes intérêts.
Donc, qu'est-ce qui fait que ça marche et qu'ils arrivent à se parler quand même entre eux ?
Quentin, tu nous...
— Oui, carrément, effectivement, on peut dire qu'ils ne sont peut-être pas les meilleurs amis.
Mais, en revanche, ils ont quand même tout intérêt à faire en sorte que leurs navigateurs,
soient capables d'afficher correctement ce que les autres navigateurs sont aussi capables d'afficher.
Et donc, c'est en particulier grâce à un organisme qui s'appelle le W3C,
pour World Wide Web Consortium, qui réunit les parties prenantes du Web
et qui se mettent d'accord sur ces langages, voire qui créent ensemble de nouveaux langages.
Donc, c'est un organisme qui a été créé en 1994.
Et donc, on peut dire que c'est la naissance du Web, en quelque sorte.
Et c'est cette même idée de standard interopérable,
intéropérable, c'est le mot qui va désigner le fait que les langages fonctionnent sur différents systèmes
et produisent les mêmes résultats,
donc, c'est cette idée de standard interopérable qui permet à des machines différentes
sur des réseaux différents de se parler avec des logiciels différents.
Donc, de la même manière que tous les navigateurs, aujourd'hui du moins,
parce que ça n'a pas été le cas pendant extrêmement longtemps,
arrivent à se mettre à peu près d'accord sur la manière d'afficher,
de faire fonctionner les sites de la même manière,
eh bien, ils interprètent également le HTTP ils parlent tous
le langage de la même manière,
et heureusement pour nous.
Donc, on reparlera sans doute aussi dans une prochaine émission
de l'importance des standards interopérables,
des normes interopérables, des logiciels interopérables, etc.
Des formats de données interopérables.
Voilà.
— Merci, Quentin.
Donc, dans cette première partie, on a montré à peu près,
expliqué à peu près comment fonctionnait le navigateur.
Donc, un langage qui sert à récupérer des fichiers,
encore une fois, pour faire très court, HTTP.
Un langage qui sert à les afficher,
HTML, des trucs autour JavaScript,
et une logique de standardisation qui permet à des logiciels différents,
eh bien, de parler les mêmes langages et de faire en sorte que,
eh bien, l'ensemble du web puisse fonctionner à une échelle mondiale
avec des gens différents, des réseaux différents,
des logiciels différents, etc.
On va revenir un petit peu maintenant peut-être sur la thématique
un peu plus militante de cette émission.
On pourrait dire qu'un de nos objectifs, c'est de faire en sorte
qu'une partie des utilisateurs, peut-être à l'issue de cette écoute,
passe de leurs usages avec, probablement, Google Chrome
à l'usage de Firefox.
Donc, on va peut-être commencer par ça.
Est-ce que, finalement, c'est quoi le problème avec Google Chrome ?
Fabien nous en a donné quelques éléments au départ.
Mais, finalement, on a presque un logiciel libre.
Est-ce que, Quentin, tu veux prolonger un peu là-dessus
et nous expliquer c'est quoi, finalement, le problème de Google Chrome ?
— Le problème de Google Chrome, il est double.
La première chose, déjà, c'est que Google Chrome n'est pas un logiciel libre.
Donc, une partie, en tout cas, de Google Chrome n'est pas un logiciel libre.
Donc, on ne sait pas exactement ce qui se passe dedans.
Il est édité par, évidemment, une entreprise tout à fait lucrative
dont on a parlé des problèmes auparavant.
Le problème n'est pas qu'elle ne soit lucrative,
mais qu'elle ne soit lucrative grâce à la revente de nos données,
comme l'a dit Fabien.
À travers les annonces publicitaires.
Et donc... Oui, pardon.
— Non, pardon.
On peut dire qu'une des premières différences fondamentales,
encore une fois, chose qu'on a déjà évoquée,
entre Chrome, Google Chrome et Mozilla Firefox,
c'est que le code de Mozilla Firefox est 100% libre.
— Absolument.
— Donc, on peut voir exactement ce qui se passe, ce qu'il fait,
alors que ce n'est pas le cas du code de Google Chrome.
— Tout à fait.
Par ailleurs, il y a eu beaucoup de scandales,
semi-scandales avec Chrome,
qui collectaient des données sans le consentement,
sans le consentement explicite de l'utilisateur,
et qui, lorsqu'on le lie à son compte Google,
eh bien, envoient l'ensemble de l'historique des recherches,
voire même de ce qui est tapé à Google,
ce qui pose évidemment les mêmes problèmes de vie privée que d'habitude.
Donc ça, c'est un premier problème qui est inhérent
à l'ensemble des logiciels privateurs
qui fonctionnent sur un modèle de publicité.
Voilà.
— Alors, cela dit, il existe une version qui s'appelle Chromium,
qui est donc une version, elle, 100% libre,
c'est-à-dire que c'est le code de Chrome expurgé des parties non-libres.
Donc, dans cette version, eh bien, les défauts que tu viens de mentionner disparaissent.
Pour autant, on pense que ça reste une assez mauvaise idée
d'utiliser Chromium ou d'utiliser que Chromium, un navigateur hégémonique.
Pourquoi ?
En fait, je t'ai un peu donné la réponse de la question,
mais je te laisse peut-être développer.
— Non, je vais te laisser répondre.
Mais globalement, je pense que le mot hégémonie résume bien
la chose, c'est-à-dire qu'en effet, du point de vue des libertés fondamentales
des logiciels libres, voilà, Chromium répond à l'ensemble de ses libertés.
Mais Chromium est omniprésent dans beaucoup de navigateurs,
que ce soit Google Chrome ou, par exemple, Microsoft Edge,
qui est récemment passé à Chromium.
Et donc, ça pose évidemment la question de la diversité et du pouvoir
politique et technique des ingénieurs derrière Chromium.
Stéphane, peut-être que tu veux rajouter quelque chose ?
— Et finalement, aussi, de la notion de choix de l'utilisateur dont on parlait déjà la semaine dernière, où on a expliqué plusieurs
fois que la liberté dans le logiciel et dans le service,
c'était aussi et avant tout la liberté du choix de ce qu'on voulait utiliser.
— Oui, ce que tu as soulevé,
Quentin, je ne sais pas si Fabien voudra compléter également,
mais c'est qu'on a un même code informatique qui est effectivement commun.
Une grosse part de code informatique est
commun aujourd'hui à la grande majorité des navigateurs, à l'exclusion notamment
de Firefox. Mais on a, voilà, on a ce risque à un moment
de contrôle du code par une seule organisation.
— Alors oui, effectivement, il y a un danger qui n'est pas juste théorique,
qui est même très concret, parce que le W3C dont vous avez parlé à l'instant,
le principe de base de cet organisme de normalisation, c'est que pour que quelque
chose devienne un standard, il faut qu'il y ait au moins deux
implémentations différentes. Donc, il faut qu'il y ait deux moteurs de rendu différents
qui fassent le taf. Jusqu'à il y a encore pas si longtemps que ça, il y avait outre
Google avec WebKit qui est devenu Blink,
que vous appelez Chromium, là, pour le navigateur autour,
il y avait le moteur de rendu de Firefox, il y avait celui d'Opera et il y avait
celui de Microsoft Internet Explorer. Aujourd'hui, Opera est passé à Chromium,
Internet Explorer est passé à Chromium, donc aujourd'hui, il n'en reste plus que deux.
Il reste Firefox et Chrome, pour simplifier.
Or, même si le code est libre, il peut servir à faire fonctionner
du code propriétaire. L'exemple que j'ai en tête, c'est que Google, pour des raisons
qui leur appartiennent, ils avaient un projet derrière, voulaient pouvoir faire
exécuter du code compilé sur le navigateur. Donc, on en revenait à la grande époque que
peut-être seuls des vieux dinosaures comme Stéphane et moi-même connaissions encore,
c'est-à-dire ActiveX, où on avait un conteneur, la page Web, on fait un énorme trou dedans.
Et dans ce trou, on fait tourner un logiciel, la plupart du temps, privateur,
en tout cas compilé, sur lequel on ne peut pas avoir d'informations sur ce qu'il fait exactement.
Et ça, c'était la solution que poussait Google. Et s'il n'y avait pas eu un autre moteur de rendu,
à l'époque, qui disait : non, on a une solution qui est plus interopérable,
qu'on va pousser à la place, qui est devenue aujourd'hui ce qu'on appelle WebAssembly,
c'est-à-dire qu'on compile vers un subset de JavaScript qui est optimisé pour la performance
et qui, au final, donne les mêmes performances que ce que faisait Chrome
avec son extension propriétaire, eh bien, on aurait aujourd'hui un Web
avec du contenu qui n'aurait été compilé, peut-être que pour Windows,
peut-être que pour Windows ou Mac, mais qui, très probablement, n'aurait jamais
fonctionné sur des plateformes libres. Donc, même avec un navigateur dans le code source
qui est 100% ouvert, ça ne suffit pas à ce que les usages puissent
garantir l'interopérabilité avec tous les systèmes.
Et ça, c'est le rôle vraiment fondamental de Mozilla là-dedans,
c'est-à-dire de fournir une implémentation alternative pour pouvoir
tirer les standards vers quelque chose de toujours interopérable,
ce qui n'est évidemment pas le cas d'une société but lucratif.
— Merci, Fabien, de cet exemple très concret. On a un peu confondu deux termes.
Effectivement, tu as eu la gentillesse de ne pas nous le dire comme ça,
donc je ne pense pas qu'on arrivera à corriger au montage, donc je corrige directement.
On a fait la confusion entre Blink, qui est le moteur de rendu qui est commun
à l'ensemble des navigateurs, et Chromium, qui est une des versions libres
de l'usage de ce moteur commun, notamment à Chrome, Chromium, IE, etc.
On avait encore un ou deux points
qu'on va aborder, donc peut-être un peu plus avec Rémi, qui s'est fait discret jusque là.
On voulait peut-être revenir aussi sur cette question de simplicité qu'on a
commencé à évoquer, qu'on aura sûrement l'occasion de retraiter dans le cadre
de nos différentes émissions. La question que je te pose, Rémi,
c'est qu'est-ce que ça change de faire pareil ce que j'ai appris à faire
quand j'utilisais un navigateur dans la préhistoire, c'est-à-dire en fait,
on ouvrait un navigateur, puis quand on voulait trouver quelque chose,
quand on savait où aller plutôt, on avait tendance à taper directement une adresse web
dans la barre de recherche, donc on connaissait des adresses comme
picasoft.net ou mozilla.org ou utc.fr.
En fait, aujourd'hui, on se rend compte qu'au niveau des usages,
il y a beaucoup, beaucoup de gens qui passent systématiquement par une recherche,
qui ne prennent plus la peine de taper aucune URL et qui passent systématiquement
par une recherche, donc un moteur de recherche, on l'a vu,
donc un serveur comme Google Search, alors éventuellement une alternative
comme Qwant ou DuckDuckGo qu'on a déjà cité.
Mais qu'est-ce que ça change in fine ?
Est-ce que c'est un souci ou pourquoi est-ce qu'on a envie de parler de ça ?
— Oui, alors tout simplement déjà,
dans un premier temps, passer par un navigateur, par un moteur de recherche,
pardon, ça veut dire passer par un intermédiaire,
donc passer par un intermédiaire, c'est lui donner des infos,
donc des informations personnelles, par exemple sur ce que vous cherchez
pour ensuite faire de la collecte de données, les revendre, etc.
Vous lui transférez aussi du pouvoir puisqu'il a la possibilité de choisir
pour vous ce qui va vous afficher.
Par exemple, ça peut aussi être en fonction de vos
préférences, en fonction de votre localisation,
en fonction de statistiques sur la population.
Et donc, finalement, utiliser directement une URL,
c'est en partie gagner, garder de l'indépendance et du pouvoir.
Donc, évidemment, on ne peut pas connaître l'intégralité des URL du Web par cœur.
Donc, on est quand même obligé de passer par un moteur de recherche quand on cherche
vraiment quelque chose et qu'on ne veut pas accéder directement à une ressource qu'on connaît.
Sinon, accéder directement à une
ressource par son URL, c'est aussi moins de requêtes, donc moins d'intermédiaires.
Ça simplifie l'accès à l'information.
Il est direct et maîtrisable.
Et puis enfin, on peut ajouter que l'impact environnemental est plus faible,
puisque tout simplement, vous faites moins de trafic sur le réseau.
Il y a moins de données stockées.
Donc, finalement, vous consommez moins d'énergie.
— Encore une fois, je pense qu'on aura, en tout cas,
on aimerait bien avoir l'occasion de revenir un jour sur ces idées de simplification un peu.
Et donc pour ça, on essaiera aussi de mettre en exergue à chaque fois qu'on le peut,
toutes les fois où il se passe un peu des
trucs compliqués, même si on ne s'en rend pas forcément compte.
On va, on va, on va passer au quiz.
On voulait peut être parler aussi un certain, enfin,
je vais juste mentionner qu'il y a tout
un écosystème d'extensions qui existent autour de Firefox, qui permettent de faire
des choses assez intéressantes, notamment autour de ces questions,
de savoir quel site communique avec quel site, quelle est la complexité qui est
derrière, mais c'est un sujet assez riche et je pense qu'on se donnera
le temps de retracer ça une autre fois.
Peut être un ou deux noms quand même très rapides.
Donc, Fabien a mentionné tout à l'heure
Ublock Origin pour bloquer la publicité intempestive sur les sites Web.
Et puis, sur ce dont tu parlais,
le contrôle des interactions et des données échangées.
On pourra citer par exemple Umatrix, qui permet via une interface assez simple
de choisir quels sont les contenus qu'on autorise ou pas.
— OK, tu m'en as fait une démonstration tout à l'heure, c'est pas très radiophonique,
mais très intéressant. On verra comment on peut présenter ça.
Quentin, est-ce que c'est toi qui nous présente le quiz cette semaine ?
— Eh bien, allons-y.
Ce sera un quiz un petit peu sous forme de teaser pour une prochaine émission.
Vous avez sans doute entendu parler du fameux cadenas qu'on voit dans la barre
d'URL lorsqu'on conçue un certain site Web.
Et ce cadenas est associé à une extension, un autre protocole qui ressemble à
HTTP, qui s'appelle HTTPS.
Et donc, la question du jour, c'est : est-ce que si je consulte une adresse
qui utilise le protocole par HTTPS, donc qui commence par HTTPS:// au lieu de HTTP,
eh bien, est-ce que, réponse 1, la communication est sécurisée ?
C'est-à-dire que les informations échangées entre le client,
donc le navigateur et le site Web, le serveur,
est-ce que ces informations sont chiffrées ou cryptées ?
Mais c'est plutôt chiffrer le bon mot.
La communication est privée réponse 2, c'est-à-dire que pour consulter le site Web,
il a été nécessaire de préalablement entrer un mot de passe.
Réponse 3, la communication est publique,
c'est-à-dire que le S ne change pas grand chose au niveau de la sécurité.
Tout le monde peut toujours tout lire sur Internet.
Et enfin, réponse 4, la communication est libérée,
c'est-à-dire que les serveurs ne peuvent plus exploiter nos informations personnelles.
Eh bien, pour vous laisser le temps de réfléchir à cette question,
nous allons lancer un magnifique morceau de musique sous licence libre
qui s'appelle "Song for Song" de Ivan Chew.
[musique]
— De retour sur La Voix Est Libre après ce joli morceau pour rappel "Song for Song" de Ivan Chew.
résultat du quiz. Est-ce que tu veux peut-être Fabien à ton avis quelle est la réponse à ce quiz ?
— C'est un piège on a peut-être perdu Fabien en plus dans le passage de la musique
— Il est fort possible. Stéphane quelle est la réponse à ce quiz ?
— Eh bien, le S de HTTPS vaut pour sécuriser ça veut dire
et le mot n'est pas forcément très bien choisi, effectivement, ça veut dire chiffrer
c'est à dire que les informations qui sont échangées sur le web entre le client et le serveur web sont transformées
de telle façon qu'elles ne peuvent être lues que par la personne qui les consulte
donc il y a effectivement le client ou le serveur
c'est ce qui permet par exemple de transférer des informations confidentielles
comme un numéro de carte bleue mais donc pour cela
il faut bien que l'on soit derrière le protocole HTTPS
— En revanche peut-être juste ajouter
que c'est bien du coup le contenu qui est sécurisé
et que cela ne permet en rien de naviguer
de manière privée sans qu'il soit capable de savoir
quel site vous visitez ça, ça reste public
c'est vraiment le contenu échangé qui est sécurisé
— Oui, il faut bien insister que ce n'est ni privé
au niveau du site de destination donc un intermédiaire
un indiscret intermédiaire pourrait tout à fait savoir
que vous êtes un affreux libriste qui visite le site de Picasoft
et ça ne vous rend pas non plus anonyme. C'est-à-dire qu'on peut
toujours remonter, évidemment, jusqu'à votre ordinateur.
— Et ça ne protège pas non plus des virus parce que parfois on entend ça.
— Ok, pour conclure, on va donner au moins deux liens.
On a parlé de Firefox, de Mozilla, donc le site mozilla.org à consulter pour
télécharger Firefox, télécharger des extensions, se renseigner sur tout ce qui tourne autour de l'écosystème Mozilla.
Et peut-être pour les informaticiens, les développeurs web, il y a un excellent site qui s'appelle MDN, Modzia Developer Network
à l'URL, donc https://developer.mozilla.org,
Et là, vous trouverez énormément de ressources autour du développement web.
Eh bien, on va saluer Fabien à distance,
se saluer entre nous et se donner rendez-vous la semaine prochaine.
— Et bonne semaine !